Mon histoire

À propos

Avant de te parler un peu de moi, j'aimerais te dire pourquoi je fais ça.

J'ai un rêve, celui de voir des gens autour de moi se réaliser. Ça veut dire quoi, se réaliser ? S'ouvrir, créer, se découvrir en chemin. Pendant longtemps j'ai eu un seul mot en tête, comme une obsession : le mot harmonie.

Comme si j'étais à la recherche d'un espace-temps perdu, connu dans une autre vie, où chacun avait sa place, pleinement vivant et épanoui, en accord avec son écosystème.

Depuis là où je viens, je sais que c'est possible. Je l'ai déjà vécu, et je le vis encore.

Le temps d'une cérémonie, où on ose se regarder et être comme on est vraiment, et se relier depuis un espace profond de vulnérabilité.

d'un atelier de danse, où il ne reste plus que le mouvement qui nous traverse.

d'un cercle de parole, où je me sens enfin vu et compris, et où je suis touché de me voir dans l'autre.

d'une immersion, où je dépose les armes, les armures et les conflits, pour retrouver simplement la joie d'être et reconnecter à la nature et à ma nature profonde.

de connecter à une œuvre, et de voyager dans un autre univers.

d'une méditation, et de retrouver son souffle et le goût du silence.

Ce sont tous ces petits instants qui, mis bout à bout, créent le chemin. Ils donnent du souffle à tout le reste : la brutalité du réel, la souffrance de l'incarnation, le défi de l'individuation et de la relation. C'est là qu'on trouve le sens et les ressources pour traverser nos vies avec plus de sagesse, et ressortir grandis des crises.

Et ensemble, avec poésie et conscience, cette traversée retrouve toute sa substance.

Une partie de mon histoire, si tu veux comprendre depuis où je te parle aujourd’hui.

Je me suis réveillé un jour en sursaut en comprenant que j'étais en train de mourir à petit feu.

À l'époque j'étais ingénieur informatique.
Poste à responsabilité, dans une boîte d'un grand groupe, très bon salaire, super appart, la fête, les voyages, les copains.
En apparence, tout semblait montrer une réussite indéniable. Mais au fond quelque chose n'allait pas...

Je sortais beaucoup trop et je sentais que ça avait un impact sur mon corps et ma vitalité. Je m'étais même vu mourir d'un cancer assez jeune si je continuais à ce rythme. Et surtout j'avais la sensation de tourner en rond, de passer toujours par les mêmes chemins et de gâcher un potentiel inexploité.

Un soir de décembre 2016, je sors fêter mon anniversaire avec un de mes meilleurs amis et coloc de l'époque.
Comme on avait l'habitude de faire, parfois plusieurs fois par semaine, nous sommes sortis, on a bu, on est allés en club, on a pris des trucs.
Bien avant la fin de la soirée il vient me voir pour me demander de rentrer.

Il était visiblement très bourré, mais je ne voulais pas. C'était mon soir d'anniversaire, je voulais profiter encore.
Il est rentré seul.

Le lendemain j'apprends qu'il est à l'hôpital et qu'il est tombé d'un pont. C'est un miraculé, il a failli mourir.
Mais là je ne pouvais plus me mentir à moi-même, quelque chose n'allait pas.

J'étais en train de m'auto-détruire, et mon entourage avec.

Il fallait que quelque chose change.

Cela faisait plusieurs années que j'étais sensible à l'écologie et que je voulais œuvrer pour un monde plus juste. J'ai donc commencé à chercher pour changer de boulot.
Je me suis retrouvé à travailler pour Deligreens, une start-up qui livrait à domicile des produits bio et locaux.
C'était pour moi un renouveau : sortir de la grosse boîte qui répond aux directives du marché et des actionnaires, pour co-construire avec une équipe de passionnés avec qui j'avais les mêmes valeurs.
Cette transition, j'avais commencé à la penser après l'accident de mon ami.

J'avais aussi beaucoup limité ma consommation d'alcool.
Dans ce nouveau job, nous avons eu la chance d'être initiés à la méditation de pleine conscience grâce à un programme interne pour les collaborateurs. Ce fut une révélation.
Je m'intéressais déjà de plus en plus à mon bien-être à travers l'alimentation et l'écologie, mais je n'avais jamais vraiment médité. J'étais plutôt un geek scientifique, avec un côté créatif pas tout à fait assumé.

Mais la rencontre avec la méditation a ouvert la porte d'un univers que je semblais déjà si bien connaître.

Puis un jour, suite à une séance du programme, en discutant avec le prof, il me parle d'une expérience chamanique qu'il aurait eue avec une plante d'Amazonie : l'ayahuasca.
J'avais déjà entendu parler de ça par un ami et j'étais vraiment très curieux de faire cette expérience.
Deux semaines après, je me retrouve à partir rejoindre un de ces week-ends en Hollande, où à ce moment-là l'usage est légal dans un cadre spirituel ou religieux.

Je me retrouve avec la communauté du Santo Daime Europe, une église syncrétique chrétienne originaire du Brésil.
Je me demande à plusieurs reprises ce que je suis en train de faire, mais ma curiosité et ma soif d'expérience sont plus fortes.
Je vis alors deux cérémonies sur un week-end qui seront un véritable tournant dans ma vie. Deux choses me marquent profondément.

D'abord je comprends que ma curiosité pour les limites de la science, la physique quantique, l'astrophysique, le paranormal, n'était en réalité qu'une tentative de me reconnecter à la spiritualité.
La spiritualité était alors un mot inexistant dans mon vocabulaire.
J'associais cela aux sectes, aux gourous, aux charlatans ou aux illuminés.

Mais en vivant cette expérience, j'ai pu comprendre dans mon corps ce que cela voulait dire. Le film Matrix prenait tout son sens.

J'ai vu derrière la couche de matière ce qui donnait forme au réel.

Et jamais je ne pourrai effacer ça. Le monde réel semblait tout d'un coup bien superficiel.
Et la deuxième chose fut encore plus troublante. Pendant ces deux soirs de cérémonies, j'ai compris pourquoi pendant des années je suis sorti boire et danser toute la nuit jusqu'au petit matin : j'avais besoin de reliance, de communion. De me sentir porté par plus grand que moi.
Tu peux appeler ça Dieu, la magie, le grand mystère, le grand esprit, la source, l'univers, ou encore l'amour.

Mais pour la première fois j'ai senti cette force incroyablement puissante qui fait vibrer nos cœurs sans autre raison que le fait d'être là, vivants ensemble, et de s'aimer.
Malgré nos différences, malgré nos souffrances, malgré toute notre ombre.
C'était beau de danser et de célébrer tout ça, surtout après avoir traversé les tréfonds de notre psyché tous ensemble.

J'ai alors compris que pendant ces soirées en club j'essayais tant bien que mal de reproduire quelque chose que nous avions perdu : l'art sacré de la communion et de la célébration.

Et cela a ouvert une porte qui ne s'est jamais refermée.

C'est dans ces cérémonies que j'ai rencontré les Ashaninka, un peuple indigène d'Amazonie, et leur chef politique et spirituel, Benki Piyako.
Le Santo Daime les faisait venir en Europe. J'y retourne deux à trois fois par an.
C'est tout le travail sur les peurs et l'ouverture du cœur.

C'est aussi là que ma voix s'est ouverte : en chantant en cérémonie avec eux, j'ai senti que je pouvais chanter.
Et c'est là que j'ai commencé à comprendre comment fonctionne l'énergie, la porosité, tout ça.

Suite à cela, ma vie a complètement basculé. Pas du jour au lendemain, mais en profondeur.
Impossible pour moi de boire à nouveau de l'alcool après ce week-end. C'était devenu aussi dégueulasse que quand j'avais douze ans et que je buvais mes premières bières.
Quel cadeau, moi qui voulais arrêter de boire.
Pour compenser, ma pratique de la méditation s'est intensifiée et j'ai recommencé à faire du sport régulièrement. En six à neuf mois, je perds trente kilos.

Je continue à aller en cérémonie deux à trois fois par an. Je découvre les profondeurs de ma psyché, et surtout, un peu plus chaque fois, ce que c'est qu'aimer vraiment.
Je vis une ouverture du cœur de plus en plus profonde.
Je me rends compte que j'ai tellement été blessé et traumatisé par certaines choses dans ma vie que je m'étais barricadé dans mon corps et dans mon esprit pour me protéger.

Et que ces barricades m'empêchaient de rencontrer l'autre pleinement, et de me rencontrer par la même occasion.

Pendant ce temps je commence à sentir des choses au bout de mes doigts et dans mes mains. Comme des vibrations subtiles.
Je commence alors à m'intéresser au magnétisme, à l'énergétique chinoise à travers le tai-chi et le qi gong, puis au Reiki.
Quelques jours après le premier niveau de ma formation au Reiki, je vis une expérience déroutante en méditation.
Je me retrouve à respirer pour la première fois de manière profonde et consciente. Et alors je vis une implosion orgasmique dans tout mon corps.

Je me retrouve submergé de sensations inconnues qui montent depuis le ventre jusqu'à la gorge, et je finis par avoir la vision complètement envahie par d'innombrables formes et couleurs absolument incroyables.
Je commence à paniquer et je me lève de méditation afin de reprendre mes esprits.
Je découvre plus tard le phénomène d'éveil de la kundalini, et je vis alors de nombreuses expériences similaires pendant plus de six mois, avec des douleurs constantes et systématiques dans le dos.

Malgré la force et l'étrangeté de ce qui se passe en moi, quelque chose me dit que c'est naturel.

Et je commence à explorer ce nouvel état d'être.
À cette époque je passe au moins deux heures à méditer par jour, et sortir avec mes amis est devenu plus que secondaire.
Mes collègues qui sortaient tout le temps ne comprenaient pas : ils croyaient que j'étais dépressif, alors que je vivais ma meilleure vie.

J'ai alors l'occasion de partir au Brésil les retrouver, ou de partir en Asie, destination de mes rêves depuis plusieurs années.
À ce moment-là je comprends que mon autonomie spirituelle est importante, et que je préfère approfondir ma connaissance de la méditation plutôt que d'aller au Brésil travailler avec des plantes qui ne poussent pas en France.
Il y avait aussi, chez Deligreens, la même confrontation que dans mon précédent boulot : la hiérarchie, le système, des décisions que je trouvais injustes, et mon incapacité à peser dessus.

Pour sceller cet élan, je me dis : « Anys, si tu ne pars pas voyager seul en Asie avant tes trente ans, tu as raté ta vie ! »
Bon, le départ a eu un peu de retard, mais à trente ans et un mois, me voilà parti.
Avant l'Asie, je pars un mois au Maroc. Je voulais me connecter à mes racines.
C'est là que j'ai fait ma première rencontre avec le désert.
Puis l'Inde, avec un aller simple.

Je décide d'atterrir dans le nord de l'Inde, à Dharamsala, la ville où le gouvernement tibétain est exilé, et de commencer mon périple par une retraite de dix jours d'introduction au bouddhisme tibétain.
Je découvre alors que tant d'idées et de ressentis que j'avais étaient décrits par leur philosophie.
Je vis un profond soulagement, comme des retrouvailles avec une part de moi qui était restée dans l'ombre.
Je reste deux mois avec eux en faisant deux retraites de plus : une sur la vacuité, et une autre sur les pratiques du bouddha de médecine. À la sortie de ces deux mois de pratique et de philosophie, je m'apprêtais à faire un teacher training de yoga.

Mais quelques jours avant mon départ, je découvre une école de danse Butô. Curieux, j'y vais, et là c'est la révélation.
Moi qui ressentais le besoin de m'exprimer, de danser, de chanter, de créer, je me retrouve dans l'endroit parfait pour ça.
J'y reste un mois et j'ouvre de nouvelles portes dans l'expression de qui je suis, et aussi et surtout dans la co-création avec d'autres.
Après l'Inde, je décolle pour la Thaïlande, où je passerai un mois.
Je finis par une retraite Vipassana de dix jours en silence complet, à méditer onze heures par jour.
Je vis une expérience ultra profonde où je plonge dans ma psyché et dans mes peurs les plus profondes.

Je comprends alors que mon corps et mon esprit ne font qu'un, et que je peux me libérer de mes peurs en observant les sensations de mon corps sans les juger.

C'est le moment pour moi de rentrer en France.
Le bouddhisme tibétain m'aura apporté une profondeur spirituelle et un regard sur la vie où j'ai enfin l'impression de savoir ce que je fais ici.
La danse Butô a ouvert la porte à ma créativité, à ma bizarrerie, à l'expression corporelle.
Vipassana m'aura enseigné la leçon la plus fondamentale du voyage : tout ce que tu rejettes ou cherches à tout prix finit par t'enfermer et par se cristalliser dans ton corps comme dans ton esprit.
Je reviens avec l'envie d'œuvrer, de partager la méditation aux enfants, et de devenir indépendant.

Je reviens m'installer momentanément à Lyon.
Je co-crée l'Archipel Kyosei, un collectif d'indépendants engagés dans les transitions écologiques, territoriales et individuelles.
J'accompagne des entreprises à la mise en place de gouvernance partagée — l'holacratie, un mode de gouvernance où l'organisation fonctionne comme un organisme vivant.
Puis vient le confinement, où je commence à enseigner la méditation de pleine conscience.

C'est pendant ce premier confinement que naît Indigo Enoqii.
Pendant que je travaille sur Richesse Intérieure, j'ai une révélation en méditation : je suis un artiste.

Je l'ai toujours été, mais je ne me suis jamais autorisé à l'assumer. Mes parents avaient toujours voulu que je sois ingénieur, et me considérer comme un artiste n'était même pas imaginable dans ma tête.

Depuis ce moment-là, l'élan de créer n'a fait que grandir.
Et je m'autorise enfin à me voir comme un artiste, comme un danseur, un chanteur, un musicien, et aussi un peintre.
Suite au premier confinement, je me lance dans un projet d'habitat collectif, qui finit par échouer.

Indigo Enoqii prend vraiment forme pour mes trente-trois ans.
Je réalise ma première série d'œuvres, 33 Révolutions, et je les vends pour la première fois.

L'année d'après, je rencontre ma compagne de l'époque, et nous décidons d'aménager un camion et d'aller voyager au Maghreb — le Maroc et l'Algérie, nos pays d'origine respectifs.
La frontière algérienne était fermée. On a passé cinq mois au Maroc.

J'organise mes premières retraites dans le désert marocain, en choisissant mon anniversaire comme date de la première.
C'est pour moi une revanche face à la vie, suite à cet anniversaire morbide de 2016.

Cette retraite marque un véritable tournant.

J'ai enfin la sensation d'avoir trouvé ma place.

D'être heureux d'être humain, et de pouvoir contribuer positivement au monde en faisant ce que j'aime.
Je commence en parallèle à accompagner individuellement des personnes en transition de vie et en création d'activité.
L'année suivante j'y retourne, pour deux retraites et une résidence artistique.

C'est pendant cette vie de nomade que je rencontre John Peiremans, Tamakeapa.

J'ai compris qu'à l'intérieur, on est une tribu.

Et qu'on doit apprendre à décoloniser nos propres territoires intérieurs pour pouvoir opérer à l'extérieur d'une autre manière — parce que sinon on reproduit des schémas de colonisation encore et encore.
La transformation écologique ne peut pas avoir lieu sans une écologie intérieure, et sans réussir à récupérer son territoire.
Cette logique d'archétypes et de tribu intérieure va m'accompagner jusqu'à IN CARNE.

En 2024, je décide de me réinstaller à Lyon dans l'optique de m'ancrer et d'investir dans un lieu avec celle qui partageait alors ma vie.
Nous avons envie de créer un lieu de vie et d'accueil, et de fonder une famille. Je décide de reprendre un travail salarié pour soutenir ce projet.
Quelques mois après cette installation, nous nous séparons.

Ce fut une désillusion et un effondrement violent et inattendu.
Mais je comprends vite que c'est mon plus beau cadeau.
À toutes ces années d'exploration, d'initiation, de découvertes, il manquait l'épreuve de la réalité.
Je comprends alors que je n'arrive pas encore à incarner beaucoup de choses que j'ai comprises.

Et notamment je me vois englué dans des schémas où je me trahis pour plaire, où je n'arrive pas à poser des limites, à exprimer mes besoins, et à me mettre en premier dans mes choix.

Cette prise de conscience vient avec une initiation profonde qui me permet de réintégrer ma masculinité, ma part animale, sombre, et d'assumer enfin pleinement qui je suis sans peur du rejet.

Malgré la douleur de la séparation, je me sens plus vivant, plus vrai, plus puissant que jamais.
Je crée alors IN CARNE, et je commence à accompagner des hommes sur ce chemin : exprimer pleinement qui ils sont sans honte, et tisser des relations plus authentiques.
Je passe une année à travailler la santé masculine, les cercles d'hommes, Brotherhood Circle.

À comprendre le fonctionnement intérieur de l'homme et ses archétypes — et à quel point on a besoin de cette énergie masculine un peu primaire qui s'exprime trop rarement, coincée entre le mâle alpha classique et l'homme déconstruit qui n'ose pas s'affirmer.

Après une année d'accompagnement exclusivement en ligne, je sens mon feu créatif qui brûle à l'intérieur.
Je sais que l'artiste que je suis ne prend pas encore pleinement sa place.
C'est la dernière étape de mon chemin actuel : le retour au vivant par l'expression créative.
Je décide alors de remettre au cœur la danse, le chant, la musique et la peinture, et de faire émaner mes accompagnements de ces espaces.
Mon travail, c'est de se mettre en lien avec le vivant à l'intérieur de soi et à l'extérieur.

Décoloniser son territoire, récupérer sa souveraineté, retrouver le mouvement et le vivant, et en devenir le gardien. Et exprimer son unicité, pour être au plus proche de qui on est vraiment.
Aujourd'hui, j'ai à cœur d'accompagner les personnes dans leur chemin de transformation : trouver qui elles sont vraiment, et comment elles peuvent trouver une place juste dans ce monde en marchant un chemin qui les fait profondément vibrer.
Je ne prétends pas tout savoir, tout comprendre.

Mais je sais une chose au plus profond de mes tripes : ce à quoi tu rêves est à portée de main, si seulement tu es prêt à marcher un chemin de courage, de vérité et de créativité.

Bienvenue à toi !

Anys

Si quelque chose ici a résonné, j'aimerais le savoir. Raconte-moi où tu en es, je te réponds toujours.

On s'écrit ?